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Des complexes pétrochimiques touchés par plusieurs frappes en Iran
information fournie par AFP 06/04/2026 à 15:32

Image extraite d'une vidéo d’AFPTV montrant des équipes de secours israéliennes retirant des corps des décombres d’un immeuble résidentiel détruit par une attaque à missile iranien dans la ville de Haïfa le 6 avril 2026 ( AFPTV / Jorge NOVOMINSKY )

Image extraite d'une vidéo d’AFPTV montrant des équipes de secours israéliennes retirant des corps des décombres d’un immeuble résidentiel détruit par une attaque à missile iranien dans la ville de Haïfa le 6 avril 2026 ( AFPTV / Jorge NOVOMINSKY )

Deux complexes pétro-chimiques iraniens, dont la plus grande installation gazière, ont été frappés lundi en Iran, Donald Trump menaçant de détruire les infrastructures énergétiques du pays si Téhéran ne rouvre pas le stratégique détroit d'Ormuz.

Au 38e jour de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts, le chef des renseignements des Gardiens de la Révolution iraniens a par ailleurs été tué dans une frappe israélienne, tandis que l'Iran a poursuivi ses attaques contre Israël et le Golfe.

Le président américain Donald Trump a menacé dimanche de faire de la journée de mardi celle "des centrales énergétiques et des ponts" en Iran, avec un ultimatum reporté à mardi 20H00 heure de Washington (00H00 GMT mercredi), si Téhéran n'a pas rouvert le détroit d'Ormuz, crucial pour l'approvisionnement mondial en pétrole.

Mais sans attendre cette échéance, Israël a visé des installations pétrochimiques du site de South Pars à Assalouyeh (sud) qui assure, selon le ministre israélien de la Défense Israël Katz, "environ la moitié de la production pétrochimique du pays".

- "Dégâts mineurs" -

L'agence de presse iranienne Fars a fait état de "plusieurs explosions" sur ce gigantesque site. Une évaluation des dégâts est en cours, selon un média iranien. Aucune victime n'a été rapportée.

Mi-mars, Israël s'en était pris déjà aux installations gazières de South Pars, qui fournit environ 70% du gaz consommé en Iran à partir du plus grand gisement de gaz naturel du monde, exploité en mer avec le Qatar.

Donald Trump avait alors menacé de détruire "l'intégralité du gisement" si l'Iran poursuivait ses frappes au Qatar.

Du personnel de santé se rassemblent pour condamner les attaques contre des établissements de santé menées par les Etats-Unis et Israël devant l'hôpital Imam Khomeini à Téhéran le 6 avril 2026 ( AFP / - )

Du personnel de santé se rassemblent pour condamner les attaques contre des établissements de santé menées par les Etats-Unis et Israël devant l'hôpital Imam Khomeini à Téhéran le 6 avril 2026 ( AFP / - )

Un autre complexe pétrochimique situé à Marvdasht, près de Chiraz (sud), a été frappé lundi plus tard selon des sources locales, parlant de "dégâts mineurs".

Samedi, un autre site pétrochimique avait été frappé à Mahshahr (sud-ouest), faisant cinq morts. Selon M. Katz, les frappes à South Pars et Mahshahr ont mis hors service des sites qui représentent au total 85% des exportations pétrochimiques iraniennes.

Plus tôt, l'armée israélienne avait annoncé une nouvelle série de frappes contre Téhéran, où une installation gazière a été endommagée, privant momentanément une partie de la ville de gaz, selon la télévision d'Etat (Irib). Une université adjacente a également subi des dégâts.

Les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, ont annoncé que son chef des renseignements, Majid Khademi, avait été tué.

L'armée israélienne a annoncé par ailleurs avoir tué dimanche le commandant de l'unité des opérations spéciales de la Force Qods iranienne, la branche chargée des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution, lors d'une frappe à Téhéran.

- "Crimes de guerre" -

Selon les médias iraniens, plusieurs attaques ont aussi eu lieu sur des quartiers résidentiels de Téhéran, où huit hôpitaux ont dû être évacués. L'agence de presse Tasnim a fait état de près de 30 morts dans plusieurs frappes dans le pays.

Un homme marche sous une banderole représentant un dessin satirique montrant le président américain Donald Trump serrer la main d'un dirigeant non identifié d'un pays du Golfe dans une rue de Téhéran le 6 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

Un homme marche sous une banderole représentant un dessin satirique montrant le président américain Donald Trump serrer la main d'un dirigeant non identifié d'un pays du Golfe dans une rue de Téhéran le 6 avril 2026 ( AFP / ATTA KENARE )

"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien, tandis qu'un responsable des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a dénoncé de possibles "crimes de guerre".

Toute frappe ciblant des infrastructures civiles, en particulier des installations énergétiques, est "illégale" et "inacceptable", a averti lundi le président du Conseil européen, Antonio Costa.

Bâtiment effondré à la suite d'un bombardement israélien à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 6 avril 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

Bâtiment effondré à la suite d'un bombardement israélien à Nabatieh, dans le sud du Liban, le 6 avril 2026 ( AFP / Abbas Fakih )

Dans les pays du Golfe, frappés quotidiennement par l'Iran qui les accuse d'aider les Etats-Unis, le Koweït a dit avoir été visé par des missiles et des drones, faisant six blessés.

Plus au sud, les Emirats arabes unis ont fait état d'un blessé dans la chute de débris de drones interceptés.

En Israël, les secouristes ont indiqué avoir retrouvé quatre personnes mortes sous les décombres d'un immeuble frappé par un missile iranien à Haïfa (nord).

Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, une frappe a de nouveau visé le sud de Beyrouth, après un avertissement israélien.

- Discussions sur Ormuz -

Les efforts diplomatiques se poursuivent malgré tout pour mettre fin à ce conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale à cause de la fermeture d'Ormuz.

Oman, qui borde le détroit avec l'Iran, a discuté de sa réouverture avec Téhéran, tandis que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, qui jouent un rôle de médiateur.

Selon le site Axios, les médiateurs, turcs également, parlent d'une proposition en deux phases, un cessez-le-feu de 45 jours devant d'abord permettre des négociations, avant de déboucher sur un accord pour mettre un terme à la guerre, déclenchée le 28 février par Israël et les Etats-Unis.

Téhéran a jusqu'ici démenti l'existence de négociations avec Washington.

Les Gardiens de la Révolution ont déclaré qu'ils se préparaient à mettre en place des conditions de navigation à Ormuz, qui s'appliqueraient "en particulier aux Etats-Unis et à Israël".

Ils n'ont pas détaillé ces conditions, mais ces dernières semaines, des parlementaires iraniens avaient proposé d'imposer des droits de passage et des taxes aux navires dans le détroit.

Des secouristes se tiennent derrière des véhicules endommagés par une attaque iranienne à Ramat Gan, dans le centre d’Israël, le 6 avril 2026 ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

Des secouristes se tiennent derrière des véhicules endommagés par une attaque iranienne à Ramat Gan, dans le centre d’Israël, le 6 avril 2026 ( AFP / Ilia YEFIMOVICH )

Les tensions sur les prix de l'énergie se font toujours ressentir: tant le prix du baril de Brent que celui de WTI, les deux principales variétés d'or noir, évoluaient lundi autour de 110 dollars le baril.

Le président américain a prévu une conférence de presse à la Maison Blanche lundi à 13H00 (17H00 GMT) et devrait revenir sur l'opération de sauvetage en Iran d'un aviateur américain, "gravement blessé", selon lui.

9 commentaires

  • 15:11

    Le citoyen Américain doit très mal accepter l'augmentions du prix du carburant, étant eux même exportateur de pétrole. Les producteurs Américains sont les seuls à en tirer profit.


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